Un nouveau livre plusieurs facettes méconnues de la seule rock star de l'Hexagone.

 

Johnny Hallyday déchaîne toujours les passions

 

Auteur de nombreuses biographies d'artistes, le Bordelais Jean-François Brieu consacre un volume au rocker et au regard que les médias portent sur lui. Interview.

 

Jean-François Brieu. J'ai un vieil intérêt pour cet artiste en particulier, pour la chanson française, la pop et le rock en général. Mais Johnny Hallyday est un cas particulier: raconter Johnny, c'est raconter 50 ans de music-hall, de 1960 à 2010! Mais il y a sur lui quelque chose qui n'a pas encore été fait, et que j'explore dans mon livre (1): comment les médias ont évolué dans leur traitement de Johnny Hallyday.

Dans les années 60, Johnny incarnait la jeunesse, le diable, l'adolescence, la sensualité, la vitesse, la violence aussi. Aujourd'hui, c'est plutôt un vieux, genre pépère, «le fric avant tout». C'est rigolo de voir comment le regard sur lui a changé!

Mieux que ça: il semblerait que, plus que pour tout autre artiste, les avis sont très tranchés.

Oui! Pour les uns, c'est l'idole, le monument national, le «mec», le rocker qui a survécu à tout; pour les autres, c'est un gros sarkozyste qui planque son argent à l'étranger! En fait, Johnny Hallyday c'est toujours d'actualité, contrairement à d'autres comme Belmondo. Si Johnny venait de casser sa pipe, je peux vous parier que tous les journaux, sans exception, en auraient fait leur une!

Franchement, depuis le temps que les médias l'auscultent, est-ce que Johnny conserve encore une part de mystère?

En fait, il est un paradoxe vivant! D'un côté il ne fait pas de mystère sur sa vie, il vit entouré de photographes. De l'autre personne ne peut dire ce qu'il pense vraiment, pas même ses proches.

C'est quand même l'image du rocker absolu...

Il est rocker jusqu'au bout des ongles, c'est le Keith Richards français, un survivant! Je me souviens d'un concert à Bordeaux dans les années 90, il rentre de suite après sur Paris pour prendre un jet privé dans la nuit et faire la fête à Marseille!

On peut dire aussi qu'il a introduit et popularisé le rock en France.

En 1966, Jimmy Hendrix a joué en première partie d'un concert de Johnny! Il a non seulement importé le genre mais aussi les musiciens étrangers, les ingénieurs du son et la technologie, les lights shows. Il a toujours eu un temps d'avance sur les autres. Les premiers stades aussi, c'est lui.

Former un groupe, à l'instar d'Eddy Mitchell et ses Chaussettes Noires, ça ne l'a jamais tenté?

Jamais. Il a toujours été un artiste solo.

Et la carrière de johnny au cinéma?

Le cinéma, c'était ce qu'il voulait faire au départ! Il a une énorme culture cinématographique. Mais il n'a pas vraiment réussi son coup. Il a fait quelques bons films mais aussi beaucoup de pas terribles. Dans l'imaginaire collectif et pour les producteurs, il a toujours été encombré par son image de chanteur. Mais peu de monde sait combien il est abordable, capable de jouer dans des films à petits budgets, avec des réalisateurs inconnus.

Finalement, que retenez-vous de marquant dans sa personnalité?

L'humilité incroyable de l'homme. La première fois que je l'ai interviewé, il était attentif à moi, timide, presque craintif. Cela m'a beaucoup surpris. Si vous sortez une cigarette, c'est le genre à vous allumer de suite le briquet! Et pourtant, il n'a plus rien à prouver...

(1) «Johnny, une passion française», 215 pages, 29,50 euros, éditions du Layeur.



23/02/2011
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